Poème de Pierre-Henri

 

 

Dans ce monde à bout

Qui tient plus debout

Qui vaut plus un clou
Qu'il en devient fou
Je crie dans un trou
Dans la peau d'un loup
Ce besoin d'urgence

Il faut que l'on s'aime

De cœur et d'émau

D'émailles et de cailles

Comme fiançailles

Il faut que l'on s'aime

De graine et de vent

D'amour et de cran

D'un souffle manant

Qu'on sème et semaille

Les baisers d'antan

Laissés sur le flan

Des champs de bataille

Il faut que l'on s'aime

D'un miel érogène

Contre ces emblèmes

Qui hurlent à la haine

Que chante en nos veines

Une valse humaine

Qui vaille et qui vienne

Danser sur nos peines

Une boulimie

D'immense tendresse

Un fleuve en sagesse

Sous un flot d'ivresse

Le regard indien

Tressé de nos liens

L'embellie du spasme 

Creusé du fantasme

Il faut que l'on s'aime 

Du fond de la scène

Que l'on s’aimât fort

Que l'on s'aime à corps

Que l'on s'aime en tics

D'un instinct magique

Que l'on s'aimantise

Au creux de la bise

Que l'on s'aime en songes

Que la nuit prolonge

Ses palmes et nous plonge

Basculent nos doutes 

Par-dessus la voûte

Que la mer éponge

Ce flux qui nous ronge

Qui chaque semaine

Nous sème le même

Que le ciel nous zèbre

D'un éclair algèbre

Qu'un ange vermeil

Soudain nous réveille

Qu'une forêt vierge

Pousse à nos cheveux

Tissant l'arc-en-cierge

Libre, bel, et bleu

Te quiero, je t'aime

And i love dich

And ich liebe you

Dans toutes les langues

De sucre et de mangue

Il faut que l'on s'aime

D'un siècle suprême

A fêter nos races

A joindre nos traces

En foulant la grâce

Que les pas perdus 

Des folies vécues

Epousent et consolent

Nos pauvres boussoles

Nos yeux en lambeaux

Cernés du fléau

Nos âmes en misère

Où gronde la terre

Au sang d'un volcan

Sans désarmement

Repeindre un village

A la craie d'école

Saisir au passage

Le rêve en pigeon

De l'enfant qui vole

S'offrir au partage 

Dès la fleur de l'âge

D'un morceau de pain

Pour n'avoir plus faim

Sourire au défi

Fulgurant de vie

crever le profit

D'un œil ébloui

Il faut que l'on s'aime

D'un fluide halogène

A fondre nos chaînes

A mourir ces murs

Si hauts qu'ils sont durs

Que demain nos mains

Touchent au lendemain

Sur la voie lactée

 

D'étoile de fée.